Le Vietnam, avec ses paysages spectaculaires allant des rizières en terrasses de Sapa à la majestueuse baie d’Halong, est une destination de rêve pour les photographes et vidéastes. L’utilisation d’un drone pour capturer ces merveilles est tentante, mais il est crucial de comprendre que la réglementation est l’une des plus strictes d’Asie du Sud-Est. Piloter un drone au Vietnam n’est pas une mince affaire et nécessite une préparation rigoureuse.

Le cadre réglementaire : une autorisation quasi-systématique
La règle d’or à retenir est simple : toute utilisation de drone (ou « flycam ») au Vietnam est fortement réglementée et soumise à une autorisation préalable. L’autorité principale en la matière n’est pas l’aviation civile, mais le Ministère de la Défense vietnamien. Cela signifie que les considérations de sécurité nationale priment sur tout le reste.
Pour chaque vol ou série de vols, il est théoriquement obligatoire d’obtenir une autorisation de vol. Cette demande doit être déposée bien à l’avance (au minimum 14 jours avant la date prévue) auprès du Département des Opérations du Ministère de la Défense. La procédure est complexe, souvent en vietnamien, et le succès n’est pas garanti, surtout pour les touristes.
- Qui est concerné ? Absolument tout le monde, des professionnels aux amateurs, des locaux aux touristes.
- Quand faire la demande ? Au moins 14 à 20 jours avant le vol prévu.
- Quelles informations fournir ? Vous devrez spécifier en détail les informations sur le pilote, le modèle du drone, les zones de vol exactes (coordonnées GPS), les altitudes, les dates et les heures.

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Avant même de penser à voler, il faut réussir à faire entrer son drone dans le pays. Les douanes vietnamiennes sont de plus en plus vigilantes concernant l’importation de drones par les voyageurs. Il n’est pas rare que des drones soient repérés dans les bagages aux rayons X et confisqués à l’aéroport. Ils peuvent être conservés par les autorités jusqu’à votre départ du pays, moyennant des frais de stockage.
Il est donc conseillé de se renseigner auprès de votre compagnie aérienne et, si possible, de l’ambassade du Vietnam dans votre pays avant de partir avec votre matériel.
Les zones d’interdiction de vol
Même avec une autorisation, certaines zones restent strictement interdites au survol. La prudence est de mise, car les cartes de géovigilance des constructeurs (comme DJI) ne sont pas toujours alignées sur les restrictions locales spécifiques.
Les zones typiquement interdites incluent :
- Les aéroports et aérodromes, avec un large périmètre de sécurité.
- Les installations militaires, les bases navales et les zones de défense.
- Les bâtiments gouvernementaux importants (ministères, palais présidentiel, etc.).
- Les zones frontalières sensibles.
- Souvent, les centres-villes des grandes agglomérations comme Hanoï ou Hô Chi Minh-Ville sont soumis à des restrictions très sévères.
Conseils pratiques et risques encourus
Face à cette complexité, que faire ? Beaucoup de voyageurs tentent leur chance en volant discrètement. Si cette approche peut parfois fonctionner dans des zones très reculées, elle comporte des risques importants : confiscation du matériel et des amendes pouvant être très élevées. Les autorités locales et la police sont de plus en plus sensibilisées à ce sujet.
- Ne présumez jamais que c’est autorisé. L’absence de panneaux d’interdiction ne signifie pas que le vol est permis. La règle par défaut est l’interdiction sans permis.
- Anticipez les démarches. Si vous avez un projet professionnel, faites appel à une agence de production locale. Ils ont l’habitude des procédures et peuvent faciliter l’obtention des permis.
- Envisagez des alternatives. Pour des projets importants, la meilleure solution est souvent d’engager un pilote de drone local certifié et assuré, qui possède déjà les autorisations nécessaires pour opérer.
- Évaluez le risque. Si vous décidez malgré tout d’apporter votre drone pour un usage personnel, soyez conscient des conséquences potentielles et privilégiez les zones rurales et isolées, loin de toute infrastructure sensible.
Conclusion : Prudence est mère de sûreté
En résumé, piloter un drone au Vietnam est légalement possible, mais le processus d’autorisation est si lourd et contrôlé par l’armée qu’il est quasiment inaccessible pour le touriste moyen. Les risques de confiscation à la douane ou d’amendes sur le terrain sont réels. La beauté des paysages vietnamiens vus du ciel est indéniable, mais elle doit être mise en balance avec le respect strict d’une législation où la sécurité nationale est la priorité absolue.





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